"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

lundi 24 avril 2017

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa


Le résumé de l'éditeur

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises.

Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Avis

Dans sa petite échoppe, Sentarô vend des dorayaki, des pâtisseries japonaises. Les jours passent, sans réelle conviction ni entrain.  Il accepte un jour d'embaucher une vieille dame pour l'aider et lui confie la préparation du an, la pâte dont il farcit les dorayaki.

Au delà d'une recette de cuisine, c'est une leçon de vie que lui prodigue Tokue en lui montrant comment préparer les haricots rouges.

Empreint de délicatesse, ce roman tourne autour d'une page cachée de l'Histoire du Japon et des plaisirs de l'existence.  De petits bonheurs à savourer comme la floraison de ces cerisiers qui bordent la petite boutique de Sentarô.

Les dorayaki servent de dénominateur commun entre les personnages du livre et leur permettent d'envisager l'existence sous un jour nouveau.  Un roman touchant et mélancolique !









Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

lundi 17 avril 2017

Hôtel Iris de Yôko Ogawa



La présentation de l'éditeur :

Mari et sa mère sont propriétaires de l’hôtel Iris. Modeste mais bien tenu, l’établissement est le plus souvent complet. Comme chaque soir, la jeune Mari tient la réception, l’hôtel s’endort paisiblement quand le calme des lieux est soudain troublé par des cris. Une femme sort de sa chambre en insultant l’homme qui l’accompagne. Mari est impressionnée par la scène, inconsciemment touchée par l’élégance et la distinction de ce vieillard accusé publiquement des pires déviances. Mais ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle fera sa connaissance. Croisé dans un magasin, cet homme intrigue la petite. Curiosité ou attirance, elle va le suivre. Innocente ou très consciente de son effroyable beauté, la jeune ingénue entre dans l’arène du désir.

Les familiers de l’œuvre de Yôko Ogawa, virtuose du malaise, entrent cette fois dans une histoire d’amour sans limites, bien au-delà de l’atmosphère allusive qui imprégnait les livres précédents. Car entre la jeune réceptionniste et le vieux traducteur solitaire, le corps à corps n’est pas un jeu de dupes.

Avis :

Réceptionniste dans l'hôtel familial, Mari mène une existence un peu calme.  Un soir, tout l'hôtel est réveillé par les cris d'une femme traitant son compagnon de pervers.  Un scandale s'ensuit et le couple quitte l'hôtel rapidement.

Croisant l'homme en faisant des courses, Mari ressent une curieuse attirance et se met à le suivre.  Peu à peu, une étrange relation se noue entre la jeune fille et ce traducteur de cinquante ans son aîné débouchant sur une histoire d'amour malsaine.

Dans ce roman dérangeant, Yôko Ogawa dépeint une histoire qui prend naissance entre Mari et le traducteur : désir, pratiques extrêmes, curiosité ... animent ce couple hors du commun.  L'atmosphère est très réussie, trouble et envoûtante, à l'image de la jeune Mari qui joue avec le feu comme si de rien n'était.

L'auteur souffle le chaud et le froid, qu'il s'agisse de ses personnages et de leurs réactions ou encore des scènes où elle alterne calme trompeur et action violente.  Dans l'ensemble, je ressors de cette lecture un peu indécise, tout en louant le pouvoir de l'auteur à créer une atmosphère malsaine à souhait. 




Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

dimanche 16 avril 2017

Red velvet cake



Pas de Japon ce dimanche pour nous : un anniversaire à fêter avec un Red velvet cake et un fameux travail d'équipe.  Résultat un délicieux gros gâteau à la pâte joliment rouge et à la texture moëlleuse.





Pour découvrir les autres préparations de Syl  et sa brigade : chez  Asphodèle, Sandrion, Louise,  Syl, Hilde et Marion.  Joyeuses Pâques à tous !












vendredi 14 avril 2017

Martha & Alan : d'après les souvenirs d'Alan Ingram Cope par Emmanuel Guibert


La présentation de l'éditeur :

Martha et Alan, nouveau volet de la vie d’Alan Ingram Cope, nous replonge dans son enfance. Avec cet aparté, Emmanuel Guibert s’attache à un épisode tout particulier de ses jeunes années, celui d’une amitié qu’il noue dès l’âge de 5 ans avec une petite fille de son école, Martha Marshall. 

Entre les jeux, les bêtises d’enfants et les rendez-vous hebdomadaires dans l’église presbytérienne de sa communauté, on retrouve Alan, bientôt orphelin, et son quotidien de petit Californien dans une Amérique des années 1930 marquées par la Grande Dépression. Les années passant, Martha, figure qui a accompagné sa prime jeunesse, s’éloigne peu à peu à l’adolescence, jusqu’à des retrouvailles furtives, la veille du départ d’Alan pour l’armée.

Avec ces souvenirs au timbre nostalgique, Emmanuel Guibert nous fait entendre une nouvelle fois la voix d’Alan et laisse transparaître avec pudeur les regrets qui se mêlent à l’évocation de celle qui fut son premier amour. Un récit, tout en couleurs, composé d’images en double page, qui restitue une Amérique surannée grâce à un dessin plus que jamais somptueux.

Poursuivant ce qui devient petit à petit la fresque de la vie d’Alan Ingram Cope, Emmanuel Guibert rend le plus bel hommage qui soit à cet ami humble et extraordinaire qui disait « nous sommes les gens de qui nous parlons ».

Avis :

A l'école, Alan rencontre Martha : il accepte de jouer avec elle tandis que les autres enfants la rejettent.  Voilà le début d'une amitié forte, mélange de jeux, de refuges dans les arbres ou encore de chants partagés à la chorale.

A la mort de la mère d'Alan, les relations s'espacent pour cesser tout à fait sur les injonctions de sa tout nouvelle belle-mère.  A la veille de partir à l'armée, Alan cherchera à rencontrer Martha pour lui dire au revoir mais il ne rencontrera qu'une jeune fille un peu bougonne qui ne ressemble que de loin à son amie d'enfance.

Dans ce volet de la vie d'Alan Ingram Cope, Emmanuel Guibert s'attarde sur l'enfance d'Alan et son amitié avec Martha; il livre un récit empreint de nostalgie évoquant des jours passés et regrettés.  Alan évoque son amie mais effleure aussi les possibles qui ne seront finalement pas.

Ce volet d'histoire est tout en délicatesse et en sobriété; les dessins, superbes, évoquent parfois des photographies, leur richesse m'a fascinée et j'ai pris plaisir à partager ces quelques années avec Martha et Alan





jeudi 13 avril 2017

Winter people de Jennifer McMahon


Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette lecture passionnante !

Le résumé de l'éditeur :

« J’avais aussi compris qu’il valait mieux éviter de la contrarier. Tantine s’emportait vite et n’appréciait guère qu’on la contredise. Quand quelqu’un refusait de la payer, elle versait une poudre noire tirée d’une de ses bourses en cuir sur sa maison en marmonnant d’étranges incantations. (…)
— S’il te plaît, réponds-moi, Tantine. Est-ce qu’on peut faire revenir les morts ? ai-je insisté en jetant une poignée de têtes-de-violon dans son panier.
Elle m’a dévisagée longuement de ses petits yeux noirs, la tête penchée.
— Oui, il y a bien un moyen. Les rares qui le connaissent le transmettent à leurs enfants. Et puisque tu es ce que j’ai de plus proche d’une fille, je te transmettrai le secret. »

Et si l'amour était vraiment plus fort que la mort ? Et si l’on avait la possibilité de ramener de l'au-delà l'être qu’on aime le plus au monde ?

Un suspense terrifiant pour un sujet grave. Une histoire qu’on ne peut lâcher et qui nous plonge dans l’effroi.

Avis 

West Hall dans le Vermont : un endroit qui a connu des jours tragiques et de mystérieuses disparitions au fil des années.  Ainsi, la mort mystérieuse de Sara Harrison Shea et son mari, Martin, peu après la mort de leur fille Gertie au début du XXe siècle. Si cet épisode est bien connu, c'est parce que Sara tenait un journal depuis publié.  Quelques pages manquent encore et  les suppositions les plus folles courent à ce sujet.

A notre époque, Ruthie et Fawn y vivent avec leur mère : un matin, celle-ci a disparu et les filles fouillent la maison à la recherche d'indices.  Elles vont ainsi mettre à jour le passé soigneusement caché par leurs parents.

Mêlant le passé du temps de Sara et l'enquête de Ruthie et Fawn, ce roman emmène le lecteur dans un récit mi-policier, mi-fantastique.  Le ton est donné d'emblée avec l'enfance de Sara et au fil des pages, la tension se fait plus insistante, un peu malsaine.  L'ambiance est captivante et les pages tournent sans que l'on s'en rende compte.


Le récit se dévide, devenant plus mystérieux, plus sombre.  Les voix se succèdent mais toutes font entendre le même son : de vieux secrets de famille qu'il vaudrait mieux oublier.  Une intrigue savamment distillée et un intérêt jamais démenti : une excellente découverte !

mardi 11 avril 2017

La fleur de l'illusion de Keigo Higashino


La présentation de l'éditeur :

Un fou armé d’un sabre qui massacre une famille en pleine rue, deux enfants qui se lient d’amitié après une rencontre de hasard sur un marché aux fleurs, un vieillard retrouvé sans vie dans sa maison: trois destins que rien ne semble rejoindre, sinon peut-être une mystérieuse fleur jaune aux pouvoirs insoupçonnés. Une nouvelle intrigue magistrale par le maître de l’origami policier.

Avis :

Lino s'est illustrée dans la natation de haut niveau mais a dû renoncé à ses espoirs olympiques en raison de malaises.  Depuis lors, elle poursuit ses études loin de sa famille.  A l'occasion du suicide de son cousin Naoto, elle renoue avec les siens et prend notamment l'habitude de rendre visite à son grand père.

Passionné de fleurs, le vieil homme leur consacre tout son temps et Lino l'aide à tenir un blog pour en faire profiter le plus grand nombre.  Le jour où il réussit à faire pousser une fleur jaune hors du commun, la jeune fille souhaite en publier la photo mais son grand père préfère garder le secret sur cette fleur.

Quelques jours plus tard, Lino le découvre assassiné.  La police pense tout d'abord à un vol qui a mal tourné mais lorsque Lino se rend compte que la fleur jaune a disparu, elle décide de mener l'enquête elle-même.


Une fois encore, Keigo Higashino nous propose ici une enquête policière aux ramifications complexes : sa jeune héroïne devra faire preuve de ténacité et d'autant de sagacité pour remonter la piste qui la conduira au meurtrier.  Sa recherche sera longue et ardue et l'aide qu'elle reçoit de Sota Gamo, lui aussi concerné par cette enquête, est la bienvenue.  En chemin, elle mettra à jour de vieux secrets de famille et sera amenée à revoir le cours de son existence, de manière inattendue.  Un excellent roman policier dans une ambiance japonaise très présente !


Challenge Un mois au Japon avec Hilde et Lou

lundi 10 avril 2017

Lundi d'Anne Herbauts

La présentation de l'éditeur 

Lundi, c'est son nom. Lundi a deux amis : à trois, devant le piano, ils jouent longtemps, ils ont le temps. Et les saisons passent... Vient l'hiver. Lundi est pris dans une tempête de neige. Les flocons tombent. Tout devient blanc. Lundi ? Où est Lundi ?


Avis 

Lundi est un petit pingouin, il est ami avec Théière et "Deux-mains".  Ensemble, ils jouent du piano, prennent le thé et le temps passe.  Au fil des jours, puis des saisons.  Lorsque l'hiver arrive, Lundi disparaît...

Dans ce superbe album, Anne Herbauts joue avec le temps qui passe : elle entraîne ses personnages à découvrir les jours de la semaine, puis les saisons et leur cycle.  Le texte est très poétique, il rythme le temps qui passe et l'absence qui survient.

Dans son graphisme, cet album est très travaillé : déjà par sa couverture, en partie transparente, fenêtre ouverte sur le maison de Lundi.  De temps en temps, le papier est gaufré et son motif rappelle par exemple l'hiver et la neige qui tombe.  L'auteur joue avec les couleurs dans un blanc très présent, les motifs que l'on dirait tracés au tampon.

Sur le fond comme sur la forme, cet album est métaphorique et un brin surréaliste, il joue sur le domaine des rêves et de l'imagination.  Le résultat est magnifique et devrait plaire  aux plus âgés des jeunes lecteurs.





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